Définition du Trouble développemental du langage (TDL):

Le TDL est un trouble primaire du langage, dans les sphères expressives et réceptives, qui s’observent par des atteintes variables affectant le développement de plus d’une composante du langage : phonologie, morphologie, syntaxe, sémantique et pragmatique. 

En plus d’une hétérogénéité des manifestations de ce trouble d’un individu à l’autre, il se caractérise, chez un même individu, par sa persistance, la variabilité du portrait clinique dans le temps, de même que par une forte probabilité qu’il y ait peu d’évolution sans intervention. Le trouble développemental du langage (dysphasie) est souvent accompagné d’autres signes et peut aussi coexister avec d’autres déficiences. 

Le TDL a des répercussions qui peuvent entraver le développement et le fonctionnement de l’individu sur le plan personnel, social, scolaire et professionnel. Par conséquent, le TDL (dysphasie) engendre des situations de handicap et des préjudices variables pour l’individu et son entourage, selon les circonstances et à tous les âges de la vie. 

Explication sommaire de la définition (lexique) 

PRIMAIRE : la manifestation du trouble s’observe d’abord au plan du langage ; prédominance du trouble langagier
SPHÈRE EXPRESSIVE : peut être affectée isolé
SPHÈRE EXPRESSIVE ET RÉCEPTIVE : réceptive n’est jamais affectée 
TROUBLE : atteinte de plus d’une composante du langage 

LA PERSONNE AYANT UN DIAGNOSTIQUE DE TDL (DYSPHASIE) DOIT AVOIR UN MINIMUM DE DEUX ATTEINTES, SOIT : 

  • Réceptive 
  • Phonologie 
  • Morphologie 
  • Syntaxe 
  • Sémantique 
  • Pragmatique 
  • Si une seule composante est atteinte, il s’agit alors d’un trouble de phonologie, morphologie, syntaxe, … 

HÉTÉROGÉNÉITÉ :

  • Profils différents d’un individu à l’autre
  • Tableaux différents selon les ressources, le contexte, la sévérité

PERSISTANCE :

  • Écart sur le plan des capacités langagières perdure dans le temps
  • Trouble du langage s’observe à des niveaux différents à chaque période de la vie.

Source : Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec

Les définitions des diverses problématiques du langage:

Le « retard de langage » se caractérise, comme son nom l’indique, par un développement langagier plus lent que ce qui est attendu. Ce retard peut être présent pour un aspect du langage ou pour plusieurs, par exemple la compréhension, le développement des sons ou de la morphosyntaxe. Le degré d’atteinte peut être variable, de léger à sévère. Une belle évolution est remarquée lorsque l’enfant reçoit une stimulation ciblée et régulière.

Le « trouble de langage », quant à lui, représente un développement plus lent et atypique du langage. Les atteintes des différents aspects du langage sont variables et on ne peut simplement comparer le développement du langage de l’enfant à celui d’un enfant plus jeune; des particularités atypiques peuvent être aussi présentes. Les difficultés sont persistantes malgré une intervention orthophonique et une stimulation régulière. En effet, l’évolution est lente malgré la stimulation. C’est habituellement suite à un suivi régulier que l’orthophoniste peut émettre la conclusion orthophonique de trouble de langage.

Le trouble développental du langage (dysphasie), affecte la sphère expressive ou les sphères expressives et réceptives. Elle affecte de façon variable plus d’une composante du langage : phonologie, morphologie, syntaxe, sémantique et pragmatique.

Il semble que plus de garçons que de filles en sont atteints. Mentionnons seulement qu’aux troubles d’abstraction, s’ajoutent des troubles de généralisations et des troubles de perception du temps ainsi qu’occasionnellement des troubles de perception auditive.

L’appellation du trouble du langage à changer plusieurs fois au fil du temps.

Audimutité, Dysphasie, Trouble primaire du langage. La nouvelle appellation acceptée de l’OOAQ ( Ordre des Orthophonistes et Audiologistes du Québec ) est trouble développemental du langage depuis le 22 septembre 2017.

Le TDL affecte 9,4% des Québécois âgés de 5 ans selon un mémoire déposé par l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec et présenté à la Commission de la santé et des services sociaux en octobre 2014.

Voici quelques signes indicateurs du TDL:

  • L’acquisition du langage démarre plus tard.
  • Les diverses étapes du développement du langage durent plus longtemps.
  • L’enfant comprend mieux les gestes que les mots et pourtant, il n’est pas sourd.
  • Son attention et sa concentration sont de courte durée.
  • L’enfant s’adapte difficilement aux changements.
  • Il désigne les choses par des gestes.

Quoi faire?
Nous encourageons les parents à faire évaluer l’enfant le plus rapidement possible pour obtenir la conclusion orthophonique d’une équipe multidisciplinaire. Plus on agit vite, plus on donne une chance à l’enfant de développer son langage le plus tôt possible. L’obtention d’une conclusion orthophonique aide à simplifier les démarches des parents auprès des garderies, dans le milieu scolaire et auprès des gouvernements.

Quand agir?
Le plus tôt possible. Si un doute s’installe au sujet du développement du langage de l’enfant, les parents doivent insister auprès du médecin qui suit l’enfant ou contacter leur centre intégré de santé et de services sociaux pour obtenir une évaluation du langage en orthophonie. Vous pouvez aussi consulter directement un(e) orthophoniste.

Mentionnons également qu’un ou plusieurs troubles énumérés ci-dessous peuvent être associés au TDL:

  • le trouble de l’expression;
  • le trouble de la compréhension;
  • le trouble d’habilités métalinguistiques;
  • le trouble de la généralisation;
  • le trouble d’abstraction;
  • les troubles perceptifs;
  • le trouble de la mémoire;
  • le trouble de l’attention;
  • le trouble du comportement;
  • le trouble psychomoteur.

Leur présence et leur intensité varieront d’une personne à l’autre.

Les enfants ayant un TDL présentent généralement une intelligence normale, un sens de l’observation développé et un désir de communiquer. Malgré cela, le TDL est considérée comme un problème grave de la communication et du développement, ce qui nécessite une approche individualisée et adaptée, notamment au niveau de la famille et des services éducatifs.

Voici une représentation simple des étapes du message verbal chez l’humain.

Des difficultés ou troubles peuvent survenir à une ou plusieurs de ces étapes.

Des exemples de difficultés possibles chez la personne ayant un TDL sont donnés pour chacune des étapes.

  1. Audition : J’entends généralement très bien.
  2. Perception : Même si mon audition est bonne, je peux mélanger des sons qui se ressemblent. Par exemple, pour moi, les mots ‘’cadeau’’ et ‘’gâteau’’ peuvent sembler pareils.
  3. Compréhension : Nous sommes lundi. Mon enseignant m’explique que nous irons voir une pièce de théâtre mardi, mais lorsque maman me dit que c’est demain, je deviens inquiet, car je crois que la journée de la sortie a été changée. Je ne sais pas que cela veut dire la même chose.
  4. Appariement aux connaissances : Je raconte à mon père tout ce que M. Martin a apporté à l’école pour une activité spéciale. Mon père me demande si M. Martin est un professeur. Même si je comprends la question et que je sais qu’il n’est pas un professeur, je dois chercher dans mes connaissances ce que je sais de son travail. Il conduit un gros camion rouge, il utilise un long tuyau avec lequel il éteint les feux. C’est un pompier !
  5. Organisation du message : Quand je dois parler ou écrire, les informations se bousculent dans ma tête. Je me demande ce qu’il faut dire en premier pour que les gens me comprennent. Ils croient que je suis stupide parce que mon discours est incompréhensible. Je suis pourtant aussi intelligent qu’eux et je sais très bien ce que je veux dire, c’est seulement que je ne sais pas comment le dire.
  6. Programmation phonologique : L’organisation des sons dans les mots est difficile. Mon cerveau enlève des sons, en ajoute ou inverse l’ordre des sons dans les mots. Je peux devenir frustré et perdre patience parce que les gens ne me comprennent pas malgré mes efforts.
  7. Production : Les mouvements de ma langue et de ma bouche ne sont pas toujours précis lorsque je parle. Cela peut m’empêcher de bien prononcer les sons. Les gens ne me comprennent pas bien et peuvent alors éviter de venir vers moi pour me parler, ce qui m’isole davantage. Pourtant, je suis généralement une personne qui aime communiquer.

Voici quelques conseils pour maximiser la compréhension du langage :

  • S’assurer d’obtenir l’attention.
  • Établir un contact visuel.
  • Se placer à sa hauteur.
  • Lui demander de redire la consigne dans ses mots.
  • Répéter ou reformuler ce qu’il n’a pas compris.
  • Utiliser des phrases courtes et simples.
  • Ne donner que l’information nécessaire, en émettant une seule consigne à la fois.
  • Accompagner ses demandes par des gestes naturels.
  • Démontrer physiquement, avec des objets. On peut également illustrer la phrase à l’aide d’une image, d’une photo ou d’un dessin.
  • Exagérer les indices non verbaux (expressions faciales et corporelles).
  • Parler lentement.
  • Diminuer le bruit ambiant.
  • L’encourager, le féliciter lors des réussites.

LES RECHERCHES : 

 

Dans cette section, vous trouverez de l’information pertinente sur des projets de recherche menés par différents chercheurs, ainsi que sur les groupes, centres et instituts auxquels ils collaborent. Leurs travaux reflètent en grande partie que le TDL est encore considérée comme un syndrome complexe, car en plus des troubles d’origine langagière, on y retrouve souvent d’autres atteintes neuropsychologiques dont la nature et le degré de gravité varient d’une personne à une autre. Vous pourrez également consulter différentes publications et articles produits par certains experts, des thèses et des mémoires rédigés par des étudiants de maîtrise et de doctorat et accéder à des liens. 

 

Les besoins des adolescents ayant un TDL et les besoins de leurs parents, essai présenté par Catherine Lussier-Lévesque et Marie-Pierre Nadeau comme exigence partielle de la maîtrise en orthophonie (M.Sc.) sous la direction de M. Bernard Michallet, Ph.D. Département d’orthophonie Université du Québec à Trois-Rivières Le 25 juillet 2014. 

 

Les besoins créés par les difficultés présentes chez les adolescents ayant un TDL ne sont que très peu documentés, et conséquemment, les services qui leur sont réservés semblent à peu près inexistants. Un grand désespoir s’inscrit dans la vie de ces familles qui voient leur équilibre ébranlé et peu de ressources existent afin de leur venir en aide (Michallet, Boudreault, Théolis, & Lamirande, 2004). 

Ainsi, la présente étude présentera d’abord le TDL, puis fera un portrait de ses impacts recensés dans la littérature en introduisant la notion de besoin. La méthode sera ensuite présentée, suivie des résultats obtenus. Ces derniers seront discutés et des pistes d’intervention seront proposées à partir de ceux-ci. 

Extrait de : 

Aqdm-my.sharepoint.com/personal/webmaster_dysphasiemonteregie_org/
Documents/DocSiteWeb/Lesbesoinsdesadolescentsayantuntroubleprimairedulangageetlesbesoinsdeleursparents.pdf 

UQAM – « Programme d’aide pour les élèves dysphasiques et leurs parents » par Kim Larivière Janvier 2010 

Cette recherche porte sur un programme d’interventions qui s’adresse à la clientèle vivant avec un TDL. L’objectif est de vérifier l’efficacité et l’utilité d’un programme d’interventions spécifiques à l’intérieur duquel on retrouvera un document regroupant des supports visuels. En plus, cet outil présente des renseignements sur le TDL et sur les troubles pouvant y être associés. Finalement, on retrouve aussi les coordonnées de certaines ressources disponibles. 

Extrait de http://www.archipel.uqam.ca/3133/