Intégration des élèves dysphasiques au secondaire

L’élève qui arrive au secondaire amène avec lui tout son bagage : somme de ses expériences du primaire. Ceci est vrai aussi pour l’adolescent dysphasique. Le plus souvent, des efforts substantiels auront été déployés tant au niveau des parents que des intervenants en ce qui a trait à la rééducation de son langage, à son intégration sociale et au développement de son autonomie.

Au secondaire, inscrit dans une classe régulière, ce travail se continue, mais, l’accent sera mis sur des mesures de soutien et d’adaptation en classe plutôt que sur la rééducation du langage proprement dit. Le développement du langage oral se fera par l’intermédiaire du langage écrit, comme l’indique très à propos, madame Lyne Gingras: « Continuer à développer l’oral par l’intermédiaire de l’écrit, améliorer le langage oral améliore le langage écrit et vice-versa. L’intervention doit inclure : l’oral, l’écrit, l’écoute et la lecture. »

Notre adolescent dysphasique est confronté aux mêmes défis et ressent les mêmes besoins qu’un autre de ses camarades. Comme eux, il a ses difficultés particulières et ses compétences personnelles. Ce qui le distingue par contre, c’est que les troubles langagiers étant persistants tant sur le plan expressif que sur le plan réceptif, le défi posé par le secondaire le confrontera dans sa capacité à s’adapter à une plus grande complexité encore et ce, à tous les niveaux du développement : affectif, cognitif et social. C’est là que l’on peut jouer un rôle de premier plan dans la mise en œuvre de ces conditions d’adaptation.

Cependant, notre adolescent dysphasique a plus d’un atout dans son sac. C’est un jeune qui se plait en compagnie de l’adulte. Il est naturellement confiant et collaborateur. Pour lui, l’adulte est là pour l’aider et le guider. Il a le désir profond de communiquer. Il a un sens de l’observation aigu et une perception visuelle très développée. Il fait beaucoup d’apprentissage par imitation. Il est très persévérant et assidu. Il veut réussir.

Petit aide-mémoire
Lorsque nous travaillons avec une personne présentant une dysphasie, nous devons :
• Nous assurer d’avoir attiré son attention avant de lui parler.
• Donner des consignes claires.
• Utiliser des éléments visuels pour appuyer les consignes verbales.
• L’amener à réfléchir en lui laissant des délais raisonnables.
• Exécuter devant lui une nouvelle tâche et lui indiquer clairement ce qu’il doit observer.
• Vérifier régulièrement sa compréhension pour l’aider à suivre les échanges.

Le Mémomaître: du nécessaire à l’essentiel

De nombreux spécialistes ont indiqué des stratégies à suivre ainsi que des moyens à mettre en place dans la classe. En voici une liste qui est loin d’être exhaustive. Certaines interventions peuvent être faites par différents intervenants en soutien à l’enseignant en classe.

Les voici regroupées sur la règle sous un logo correspondant: le Mémomaître. (Annexe C)

http://www.csdecou.qc.ca/collegedescompagnons/files/2013/01/Integration_des_eleves_dysphasiques_au_secondaire.pdf

• Lien – Confiance
Établir un climat de confiance, créer un lien significatif, suivre ses intuitions
• Visuel – Image
Utiliser l’entrée visuelle comme support à toutes les autres entrées
• Mot clé – Reformulation
Utiliser l’entrée auditivo-verbale
• Manipulation – Expérimentation
Utiliser l’entrée kinesthésique
• Modéliser – Expliciter
Métacognition : travailler à cerveau ouvert
• Outils – Démarche
Supports, outils, démarche à suivre, modèles, stratégies
• Temps – Routine
Organiser la tâche et le temps : utiliser le temps comme un allié à l’apprentissage
• Jumelage – Rôle défini
Les pairs : une communauté d’apprentissage

Source: Intégration des élèves dysphasiques au secondaire
Commission scolaire des Découvreurs et Commission scolaire des Navigateurs
Fondé sur le financement du Fonds de soutien aux priorités régionales de la Capitale Nationale et de la Chaudière-Appalaches.

Troubles d’apprentissage: les technologies à la rescousse

Les troubles d’apprentissage, généralement, permanents, sont caractérisés par des difficultés persistantes. Certains élèves auront de la difficulté à suivre le programme scolaire régulier, même s’ils ont été repérés tôt et qu’ils ont obtenu un soutien et un suivi adaptés.

Règle générale, en milieu scolaire, l’orthopédagogue dépiste et évalue les élèves lorsque des doutes s’installent. Ensuite, de concert avec les enseignants, la direction de l’école, les parents et l’élève, il établit un plan d’intervention personnalisé, qui sera revu chaque année. Celui-ci contient toutes les stratégies engagées pour favoriser la réussite éducative et sociale de l’élève.

Une multitude d’outils ont été développés au fil des ans pour soutenir les élèves en trouble d’apprentissage dans leur cheminement scolaire. Ces outils, principalement des aides technologiques, facilitent leurs apprentissages et les encouragent à persévérer malgré les difficultés rencontrées. Loin de devenir des béquilles pour les élèves, ils représentent au contraire une source de motivation et un moyen compensatoire à leur difficulté très efficace.
Pourquoi permettre l’utilisation d’une aide technologique à l’école?

Par souci d’équité. L’utilisation des aides technologiques à l’écriture doit être perçue dans un contexte d’équité et d’égalité des chances à l’intérieur de l’école. C’est le souci que chacun des élèves reçoive le traitement qui lui convient en fonction de sa situation et de ses besoins. Le premier objectif d’une aide technologique est de permettre à l’élève d’atteindre les standards de réussite éducative.

Les aides technologiques peuvent être comparées à des lunettes: les lunettes sont nécessaires à certaines personnes pour compenser une déficience visuelle. Il ne viendrait jamais à l’idée d’un enseignant de demander à un élève d’enlever ses lunettes pour lire au tableau.

L’aide technologique agit de la même façon. Dans le cas d’un élève handicapé, elle est un moyen visant la réduction de sa situation de handicap. dans le cas d’un élève en trouble d’apprentissage, elle vise la compensation d’une incapacité ou le soutien à une difficulté marquée. Elle ne vise surtout pas à fournir un avantage à l’élève à l’égard des élèves de son âge ou de sa classe mais à normaliser sa situation par rapport à ceux-ci.

Source: Trouble d’apprentissage: les technologies à la rescousse

Cet extrait provient de Jean Chouinard et du Service national du Récit en adaptation scolaire.

Points saillants pour soutenir la pratique d’activités physiques et sportives

Les activités physiques et sportives ont des effets bénéfiques sur les plans physique, psychologique, social et cognitif pour les jeunes ayant une déficience langagière qui sont transférables à différentes situations de la vie quotidienne.

Cependant, les jeunes peuvent vivre des contraintes face à la pratique d’activités physiques et sportives qui peuvent être dues à la déficience langagière, aux troubles associés à celle-ci et/ou à l’environnement physique et social de l’activité.

Les manifestations des troubles du langage et de la parole varient d’un jeune à l’autre et peuvent s’observer par des difficultés à comprendre les questions, les consignes, les explications ou encore, par des difficultés à s’exprimer (ex.: prononciation des sons, formulation des phrases, choix des mots, organisation du discours). Des difficultés cognitives, motrices et sensorielles peuvent être associées aux troubles du langage oral, ce qui contribue à réduire davantage la participation sociale des jeunes aux activités physiques et sportives.

Ils existent différentes stratégies de communication et divers moyens afin de diminuer les contraintes et d’améliorer les interventions auprès des jeunes avec une déficience langagière. Les moyens les plus importants à retenir sont:

• Adopter une routine dans l’organisation du cours, dans les exercices présentés (ex. période d’échauffement).

• Utiliser une structure dans la façon de transmettre vos messages (ex.: donner des consignes brèves et précises, s’assurer que le jeune vous regarde, qu’il est attentif).

• Favoriser une certaine constance entre les intervenants qui gravitent autour du jeune (ex.: mêmes approches et façons de communiquer avec le jeune).

• Démontrer et répéter (ex.: utiliser les mêmes énoncés verbaux, les mêmes mots pour expliquer une activité ou un mouvement à pratiquer).

• Utiliser un soutien visuel pour faciliter la compréhension du jeune, l’aider à se centrer sur la tâche, l’aider à s’exprimer (ex.: des images, des symboles significatifs, des pictogrammes, des vidéos).

Source: Duquette, M-M. & Lesage, J.(2013). Guide facilitant les interventions lors de la pratique d’activités physiques et sportives chez les jeunes avec une déficience langagière. Laboratoire en loisir et vie communautaires, Projet Choisir de gagner. Université du Québec à Trois-Rivières.